Œuvre 03
La porte des eaux
Nathanaël MilamboÉcouter l'histoire de l'œuvre

Œuvre 03 · La porte des eaux
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Cartel
Entre la maison et la rue, un seuil devient poste d’observation. L’intime regarde l’inondation gagner le quartier. La photographie tient ensemble l’attente, la vigilance et la décision de sortir.
- Artiste
- Nathanaël Milambo
- Année
- À préciser
- Technique
- À préciser
- Dimensions
- À préciser
- Durée du commentaire
- 1:34 · Français
Texte de l'audioguide
LA FEMME
Cette porte, je l'ouvre chaque matin.
D'habitude, derrière elle, il y a la rue. Les enfants qui passent, les vendeurs qui appellent, les voisins qui se saluent, les motos qui éclaboussent la poussière.
Mais aujourd'hui... il n'y a plus de rue.
Il y a l'eau.
Une voix d'enfant, à l'intérieur : « Maman, l'eau entre encore ! »
Je regarde la cour. Je regarde la maison. Je compte ce qu'il faut sauver : les vêtements, les papiers, le matelas, les provisions... Tout ce que l'eau ne doit pas emporter.
Les voisins appellent. On cherche des briques. On soulève les bassines. On déplace les meubles. Chacun protège son petit territoire.
Bruits de seaux et de pas dans l'eau.
À Kinshasa, quand la pluie tombe, elle ne tombe pas seulement du ciel. Elle entre dans les parcelles, traverse les portes et révèle tout ce que la ville n'a pas voulu regarder.
Aujourd'hui, ma maison et la rue n'ont plus de frontière.
J'ouvre pourtant le portail.
Pas pour laisser entrer l'eau...
mais pour savoir jusqu'où elle est arrivée –- et jusqu'où, une fois encore, il faudra tenir.
Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat
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