Œuvre 11
Nourrir la ville
Nathanaël MilamboÉcouter l'histoire de l'œuvre
Œuvre 11 · Nourrir la ville
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Cartel
Avant l'aube, les bassines sont déjà pleines. Poissons, légumes, beignets : Kinshasa mange grâce à des milliers de mains invisibles. Ici, vendre n'est pas un commerce, c'est un service rendu à la ville entière, un geste répété chaque jour avec la même patience.
- Artiste
- Nathanaël Milambo
- Année
- À préciser
- Technique
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- Dimensions
- À préciser
- Durée du commentaire
- 1 min 27 · Français
Texte de l'audioguide
LA MÈRE - voix calme
Mon enfant,
autour de nous, Kinshasa parle fort.
On appelle les clients. On discute les prix. On compte la monnaie. Les bassines se déplacent, les sachets se froissent, les passants cherchent leur chemin.
Mais ici, contre moi, le bruit s'éloigne.
Il ne reste que ton souffle.
Le marché devient étouffé. On entend une respiration d'enfant.
Je n'ai pas quitté mon travail pour prendre soin de toi.
Je ne t'ai pas laissé pour continuer à travailler.
J'ai appris à faire les deux en même temps.
Une main te tient. L'autre range la marchandise. Mes yeux surveillent le marché, mais mon corps te dit : « Tu peux rester ici. »
Les gens passent devant nous. Certains voient une vendeuse. D'autres voient une mère. Moi, je ne sépare pas les deux.
Je travaille pour te nourrir.
Et je te nourris pendant que je travaille.
Quelques pièces tombent dans une main.
Cette photographie raconte un geste silencieux au milieu d'une ville bruyante. Elle montre que Kinshasa ne se nourrit pas seulement de ce qui se vend dans ses marchés.
Elle se nourrit aussi de patience, de présence et de ces femmes qui portent en même temps la vie familiale et l'économie de la ville.
Bois doucement, mon enfant.
Pendant quelques secondes...
Kinshasa peut attendre.
Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat
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