Œuvre 10

Le temps ne descend pas du vélo

Nathanaël Milambo

Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat

Voir dans la salle 360°

Audioguide disponible · Français

Un homme âgé en bottes assis près de son vélo

Œuvre 10 · Le temps ne descend pas du vélo

0:00 / 0:00

Cartel

Assis auprès d’un vélo, un homme fait corps avec ses outils et son expérience. La photographie refuse le pittoresque : elle donne au savoir manuel la dignité d’une archive vivante.

Informations sur l'œuvre

Artiste
Nathanaël Milambo
Titre
Le temps ne descend pas du vélo
Série
Regards sur Kinshasa - Édition 1
Année
À préciser
Technique
À préciser
Dimensions
À préciser
Édition
À préciser
Disponibilité
À préciser
Lire la transcription

[Une roue libre tourne quelques secondes. Une chaîne frotte doucement. La rue s'éveille.]

L'HOMME - voix âgée, calme

Je ne sais plus combien de routes ce vélo et moi avons traversées.

Il y a eu les matins pressés, les journées de pluie, les sacs attachés derrière, les détours pour éviter la boue et les longues attentes devant les barrières.

À l'époque, mes jambes allaient plus vite.

Je pédalais sans réfléchir.

Le vélo connaissait déjà le chemin.

Aujourd'hui, je m'assieds plus longtemps. Je regarde les autres passer. J'écoute les moteurs, les vendeurs, les enfants qui courent.

Certains pensent peut-être que je me suis arrêté.

[La main touche le guidon. Petit son de métal.]

Mais se reposer n'est pas renoncer.

Mes bottes portent encore la poussière de la route. Mes mains savent toujours remettre une chaîne, redresser une roue, serrer un frein.

Et ce vélo garde la mémoire de mon corps.

Il sait le poids de mes années.

Il sait aussi que je peux repartir.

Pas aussi vite.

Pas aussi loin.

Mais repartir quand même.

LE NARRATEUR

Nous ne connaissons pas l'histoire réelle de cet homme. La voix que vous entendez est une interprétation inspirée par son portrait.

La photographie, elle, affirme quelque chose de simple : le temps transforme le mouvement, mais ne l'efface pas.

L'homme reste assis.

La roue est immobile.

Pourtant, entre ses mains et le guidon, toute une vie continue de circuler.

[La roue reprend lentement, puis s'arrête.]