Œuvre 19
La ville à l'envers
Nathanaël Milambo
Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat
Voir dans la salle 360°Audioguide disponible · Français

Œuvre 19 · La ville à l'envers
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Cartel
Dans une flaque, les corps et les façades réapparaissent à l’envers. La photographie transforme un reste de pluie en seconde ville : fragile, mobile et disponible à l’imagination.
Informations sur l'œuvre
- Artiste
- Nathanaël Milambo
- Titre
- La ville à l'envers
- Série
- Regards sur Kinshasa - Édition 1
- Année
- À préciser
- Technique
- À préciser
- Dimensions
- À préciser
- Édition
- À préciser
- Disponibilité
- À préciser
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LE NARRATEUR
Au premier regard, ce n'est qu'une flaque.
Un peu d'eau retenue dans une route abîmée après la pluie. Les passants l'évitent. Les véhicules l'éclaboussent. Personne ne s'arrête vraiment pour la regarder.
Mais Nathanaël Milambo baisse son appareil.
Il ne photographie plus la rue devant lui.
Il photographie la ville cachée sous ses pieds.
Dans l'eau, les passants apparaissent à l'envers. Leurs corps flottent. Le sol devient un ciel et la flaque se transforme en miroir.
Il existe alors deux Kinshasa.
Celle du dessus avance vite. Elle marche, klaxonne, contourne les trous et cherche à ne pas salir ses chaussures.
Celle du dessous reste silencieuse. Elle conserve quelques secondes les visages, les silhouettes et les mouvements de ceux qui passent.
Des pas approchent doucement.
Mais cette deuxième ville est fragile.
Un pied. Une roue. Une éclaboussure.
Et tout peut disparaître.
Cette photographie nous oblige à retourner notre manière de regarder. Ce que nous considérons comme un défaut de la route devient un espace d'image. Ce que nous évitons du regard révèle une autre beauté.
À Kinshasa, la réalité n'est jamais seulement celle qui se trouve devant nous.
La ville se reflète, se déforme et se réinvente jusque dans ses fissures.
Parfois, il faut regarder vers le bas...
pour découvrir un autre ciel.
