Œuvre 15
Le match n'attend pas le stade
Nathanaël Milambo
Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat
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Œuvre 15 · Le match n'attend pas le stade
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Cartel
Quatre pierres pour des poteaux, une rue pour un stade. Le football appartient à ceux qui osent le jouer là où ils sont. À Kinshasa, chaque carrefour peut devenir un terrain de gloire, le temps d'un match que personne ne veut voir finir.
Informations sur l'œuvre
- Artiste
- Nathanaël Milambo
- Titre
- Le match n'attend pas le stade
- Série
- Regards sur Kinshasa - Édition 1
- Année
- À préciser
- Technique
- À préciser
- Dimensions
- À préciser
- Édition
- À préciser
- Disponibilité
- À préciser
Lire la transcription
[Un ballon rebondit sur le bitume. Des enfants crient. Une bouteille en plastique tombe : elle sert de poteau.]
LE COMMENTATEUR –- voix d'enfant, très sérieux
Mesdames et messieurs, bienvenue dans le plus grand stade du quartier !
À ma gauche : le mur.
À ma droite : le caniveau.
Au milieu : une flaque qu'il faudra éviter... ou utiliser contre l'adversaire.
Le match commence !
[Deux touches rapides. Rires.]
LE NARRATEUR
Ici, il n'y a pas de tribunes. Les passants traversent parfois le terrain et les voitures peuvent interrompre la rencontre.
Mais les règles sont claires.
Le premier sac marque un poteau. La bouteille marque l'autre. Si le ballon passe entre les deux, c'est but. Enfin... sauf si quelqu'un déplace la bouteille.
Le joueur avance. Il n'a pas de chaussures, mais il connaît chaque défaut de la route. Il saute au-dessus de l'eau, protège le ballon, se retourne...
Et frappe !
[Tous crient. Le ballon heurte le mur.]
But !
Ou peut-être pas. Une discussion commence immédiatement.
Dans cette photographie, le football est plus qu'un jeu. Il apprend à courir, à négocier, à perdre, à recommencer et à faire équipe.
La rue impose ses obstacles. Les enfants en font des règles nouvelles.
Ils n'attendent pas un stade parfait pour jouer.
Ils prennent un ballon fatigué, quelques mètres de bitume et toute leur imagination.
Tant que le ballon roule, la rue leur appartient.
[Le ballon s'éloigne, poursuivi par les pas et les rires.]
