Œuvre 16
Jeu de dames
Nathanaël Milambo
Photographie · Nathanaël Milambo · Kinshasa — Tirage sur Alu Dibond mat
Voir dans la salle 360°Audioguide disponible · Français
Œuvre 16 · Jeu de dames
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Cartel
Autour du damier, la rue ralentit. Le jeu devient espace de stratégie, de conversation et de transmission. Chacun observe moins les pions que la pensée de l’autre.
Informations sur l'œuvre
- Artiste
- Nathanaël Milambo
- Titre
- Jeu de dames
- Série
- Regards sur Kinshasa - Édition 1
- Année
- À préciser
- Technique
- À préciser
- Dimensions
- À préciser
- Édition
- À préciser
- Disponibilité
- À préciser
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LE PETIT GARÇON
Dans presque tous les quartiers de Kinshasa, il y a un endroit comme celui-ci.
Un banc, quelques chaises, parfois seulement un morceau de bois posé entre deux personnes.
Et puis il y a les vieux du quartier.
Ils viennent surtout quand la journée commence à ralentir. Après le travail, après le marché, après les courses et les problèmes. Le week-end, ils peuvent rester là pendant des heures.
Ils installent le jeu de dames et, tout à coup, le quartier change de rythme.
Moi, je les regarde souvent.
Ils parlent peu lorsqu'ils jouent. Leurs yeux restent sur les pions. Ils connaissent les habitudes de leurs adversaires, les pièges, les mauvaises décisions et les coups qu'il faut préparer longtemps à l'avance.
Parfois, plusieurs personnes s'arrêtent autour d'eux. Chacun pense connaître le meilleur coup. Mais seuls les deux joueurs ont le droit de toucher le plateau.
Quelques pièces claquent doucement.
On dit qu'ils jouent pour se distraire.
Mais moi, je crois qu'ils viennent aussi pour déposer ici la fatigue de la semaine. Pendant la partie, ils ne pensent plus au transport, aux factures ou aux difficultés de la maison.
Ils pensent seulement au prochain mouvement.
Ces hommes jouent ici depuis des années. Avant moi, d'autres enfants les ont regardés. Certains de ces enfants sont devenus grands et ont pris leur place autour du plateau.
Un jour, peut-être, ce sera mon tour.
Je m'assiérai à cette même place. Je déplacerai mes pions lentement. Et derrière moi, des enfants plus petits regarderont en silence.
Parce qu'à Kinshasa, le jeu de dames n'est pas seulement un jeu.
C'est une mémoire du quartier qui passe d'une génération à l'autre
